PubGazetteHaiti202005

PapJazz 2024: un programme alléchant

.

Le festival PapJazz revient à Port-au-Prince malgré la situation sécuritaire désastreuse que vit notre malheureux pays, particulièrement la capitale et les villes avoisinantes. Le coup d’envoi a été donné hier jeudi. Du 25 au 28 janvier 2024, une belle brochette d’artistes d’horizons divers fera vibrer la capitale haïtienne. 


Malgré une situation sécuritaire épouvantable dans la capitale haïtienne, Port-au-Prince ,  « PAPJAZZ » est de retour à Port-au-Prince pour sa 17e édition. Après avoir fait escale l’année dernière, dans la deuxième ville du pays Cap Haïtien, le festival a repris jeudi  sa place initiale dans la capitale avec des programmes toujours aussi alléchants. L’objectif est toujours le même: offrir aux habitants de la ville et au-delà des moments de détente malgré la morosité ambiante.

Dans les hauteurs de Pétion-Ville, les amants du jazz pourront apprécier des artistes venus de divers horizons : Cyrille Aimée (France), Ludovic Louis (France/Martinique), Richard Bona (Cameroun), Abe Rábade (Espagne), Jerónimo González (Mexique), Ruy Lopez-Nussa (Cuba) ; pour Haïti : Jazz Lakay Project, Erol Josué, KANIS, Beethova Obas, Richard Cavé, Gwolobo. Comme d’habitude l’hôtel Karine accueille 70% des activités. 

C’est donc avec plaisir que nous retrouverons les scènes du Karibe et l’Université Quisqueya ouvertes aux artistes, comme un signe que la vie pouvait reprendre y compris dans des lieux marqués par des événements difficiles ces derniers mois. 

Cette année pour causes budgétaire sans doute aussi sécuritaire on est passé de 8 jours de festivités à quatre jours. Il n’en demeure pas moins que le programme est toujours aussi alléchant et chargé de surprises. Comme d’habitude le Festival est plus éclectique et donne la parole à des Jazzmans Venus d’Horizons différentes. Ainsi du 25 au 28 janvier 2024, celles et ceux qui aiment le jazz pourront se rendre d’abord sur les hauteurs de Pétion-Ville pour écouter Cyrille Aimée qui sera sur scène, il fera le déplacement de Paris à Port-au-Prince. 

En outre, il y aura l’artiste doublement artiste, musical et pictural Eddy Pierre, diplômé de l’ENARTS. Il est à la fois musicien et artiste peintre. Ce sera sa troisième participation au festival du Jazz de la capitale qui en cette année 2024 célèbre sa septième édition. Les artistes haïtiens ne sont pas oubliés. Loin de là. Revenons à la terre haïtienne avec cette fois quelqu’un qui fait le bonheur de ce festival depuis son début en la personne du Troubadour haïtien Beethova OBas. On connaissait son histoire, son père l’artiste, Charles Obas, disparu sous la dictature de François Duvalier. Le fils s’est logiquement refugié dans la musique pour continuer l’œuvre de ce père qui hante ses compositions musicales. Avec la guitare trouvée dans un coin de la maison, il compose des chansons avec la reconnaissance au bout. Ce seront les prix de l’Américain Airlines en 1988 et suivi celui de Radio France internationale (RFI).
 Participer au festival du Jazz pour l’artiste haïtien est tout simplement une routine car il est l’ambassadeur par excellence de cette fête. 

Toujours du côté de nos compatriotes, le public réclame toujours « JAZZY STARS 262 » fondé en 2022 dans la deuxième ville du pays, le Cap Haïtien, par le talentueux Woolbens Bien Aimé. Ce sont six jeunes. Retenons donc leurs noms pour la postérité car ils ont vraiment du talent dans un pays où il n’y a même plus école de musique Wedly Vindy Réveus, Guedelyn Pierre, Kervens Vanel, Samuel Philistin et Rood Stevens Anneau Louis. Ces jeunes composent des morceaux de Jazz avec des jeux instrumentaux qui laissent pantois les plus grands dans ce domaine. on 

On dirait parfois de Stéphane Grapelli, le maître français dans le domaine. Qui plus est, ces jeunes n’ont pas oublié le terroir en introduisant du local à savoir la musique traditionnelle. Ce qui donne un mélange envoutant chargé de sons variés : « La formation sous la direction du professeur Claude Carré a forgé ces jeunes talents, et leur jazz captivant est bien plus qu’une simple performance musicale, c’est une expression authentique de la vie, une mélodie qui transcende les frontières et invite chacun à se laisser emporter par son mouvement envoûtant. »

Autres groupes haïtiens présents Gwo Lobo. Ces cinq jeunes compatriotes passent de présentation dans le domaine de la fusion de musique électronique et la culture du terroir qu’ils veulent être les avant-gardistes patentés. C’est plutôt réussi. Eux aussi ce sont des habitués du festival. « Les artistes de GWOLOBO viennent d’horizons différents, mais partagent tous un amour profond pour leur culture et leur musique ancrée dans leurs racines haïtiennes qu’ils cherchent à préserver. »

Comme dans ce pays, les talents circulent dans les rues et parfois se perdent dans les limbes de nos indigences sociétales un nouveau groupe vient de voir le jour sur la scène musicale haïtienne, pas plus tard en 2022 et il sera présent au festival. Il s’appelle « Nam ». On ne peut être que convaincu par les objectifs de ce duo qui se lorgnent allègrement à mettre la musique vodou sur ses piédestaux. Là encore le duo fait un savant dosage entre la musique vodou et la musique contemporaine : « L’objectif clair de NANM est de faire résonner les rythmes anciens, les cultures vivantes et les musiques contemporaines du pays. Leur approche artistique habile consiste à récupérer des musiques vodou de divers territoires d’Haïti, les adaptant avec soin dans un style contemporain sans dénaturer l’essence originale de l’œuvre. »

Dans la même veine, Erole Josué sera de la partie le samedi 27 janvier avec cette voix unique qui va vous restituer le meilleur du notre répertoire vodouesque. 
Le rap sera également de la partie avec la talentueuse rappeuse Niska. Enfin le trompettiste Maxime La faille ne sera pas en reste. Il sera aussi présent, ainsi que le compas qui sera représenté par Richard Cavé du groupe KAï.

LES ARTISTES ETRANGERS INVITES AU FESTIVAL

D’autres artistes sont attendus comme « Abe Rábade trio » qui sera chargé d’exécuter les premières notes de la 17e édition. Né sur la route des pèlerins à Saint Jacques de Compostelle en Galice Espagne, c’est un pianiste qui écume les scènes musicales dans l’hexagone.

L’homme a la discographie particulièrement garnie. Plus de quinze albums avec deux compositions symphoniques, sans compter des œuvres poético-musicales où les métaphores, les images épousent allégrement des descriptions sous fond d’un romantisme exacerbé. Par ailleurs, il est auteur de 200 compositions musicales.  Évidemment le jazz taille la part du lion.

   Toujours le 25 janvier 2024, l’autre artiste invité et attendu, cette fois, arrive du continent africain. Il s’agit de Richard Bona, une icone de renommée mondiale. Il vient du Cameroun et ce n’est pas sa première visite au pays de Jean Jacques Dessalines. Il montera sur la scène le jeudi 25 Janvier 2024, pour la deuxième fois. Les spectateurs habitués à voir évoluer ce frère africain sur scène seront ravis de découvrir un artiste éclectique et son portrait dans la communication des promoteurs de ce festival en dit long   : «   Richard Bona est l’un des bassistes, compositeurs et multi-instrumentistes internationaux les plus accomplis. Avec son son et sa voix uniques, il représente continuellement ses origines camerounaises. Ce formidable musicien a construit un style original, fruit de multiples influences, du jazz à la bossa nova, des chants traditionnels du Cameroun au funk, qu’il fait résonner aux quatre coins du monde depuis trente ans. Richard Bona a tourné, composé, enregistré et créé des formes d’art musical avec les plus grands : Herbie Hancock, Harry Belafonte, Steps Ahead, Quincy Jones, Chick Corea, Buena Vista Social Club, Cesária Évora, Sting, Mike Stern, Pat Metheny, Stevie Wonder, Bobby McFerrin, Chucho Valdés, George Benson, Oumou Sangaré et bien d’autres. »  

De l’Afrique, on revient en Amérique du Sud avec « LAST JERÓNIMO QUINTET » qui performera le vendredi 26 janvier 2024.

 

 

 

Par Maguet Delva

Category

Politique

Culture

Economie

Sport