PubGazetteHaiti202005

Renouvellement HOPE/HELP : Alix Didier Fils-Aimé cherche le soutien du Congrès américain

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Alors que les dispositifs HOPE/HELP, cruciaux pour l’économie haïtienne expireront  en septembre 2025, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a rencontré, ce 15 juillet 2025, le sénateur Raphael Warnock à Washington. Cette initiative, annoncée par la Primature sur X, s’inscrit dans le cadre d’un voyage officiel entamé le 11 juillet.

Le gouvernement haïtien multiplie les efforts diplomatiques pour préserver l’un de ses piliers économiques. Selon une publication officielle de la Primature, le Premier ministre s’est entretenu avec l’Honorable Raphael Warnock, membre influent de la Commission des finances du Sénat américain et Ranking Member du sous-comité sur le commerce international, les douanes et la compétitivité mondiale.

Au cœur des échanges figuraient des enjeux fondamentaux : la sécurité, l’organisation d’élections libres et crédibles, et surtout, le renouvellement des lois HOPE/HELP — considérées comme un pilier stratégique du partenariat économique entre Haïti et les États-Unis.

Ce déplacement du chef du gouvernement haïtien, prévu jusqu’au 17 juillet, vise notamment à consolider les liens bilatéraux. Mais le dossier HOPE/HELP s’impose comme une urgence absolue : ces lois, adoptées en 2006 et 2010, permettent aux entreprises haïtiennes d’exporter leurs produits textiles vers les États-Unis sans droits de douane. Elles soutiennent ainsi directement des dizaines de milliers d’emplois dans un pays en proie à une grave crise économique.

Cette situation alarmante est d’ailleurs confirmée par les récentes données de la Banque mondiale, qui brossent un tableau préoccupant de la trajectoire du pays. L’économie haïtienne s’est contractée de 4,2 % en 2024 — sa sixième année consécutive de croissance négative — et devrait encore reculer de 2,2 % en 2025. La récession, combinée à l’insécurité, a fait chuter les recettes fiscales à seulement 5,2 % du PIB. La forte inflation freine la consommation privée, tandis que la violence des gangs décourage les investissements. De plus, d’éventuels changements dans la politique commerciale américaine pourraient encore affaiblir les exportations textiles, aggravant les difficultés déjà existantes.

Dans ce contexte, le Premier ministre haïtien, selon la note, a fermement plaidé en faveur du maintien de ces préférences commerciales, soulignant qu’elles sont essentielles non seulement à l’emploi et à la lutte contre la pauvreté, mais aussi à la stabilité institutionnelle et à la relance de l’économie nationale.

Avec un indice de développement humain toujours selon Banque mondiale qui est de 0,554 en 2023 — ce qui place Haïti au 166e rang sur 193 pays — le pays reste dans la catégorie du développement humain moyen. La Banque mondiale a estimé que 37,6 % des Haïtiens vivront avec moins de 2,15 dollars par jour en 2025, un chiffre qui ne pourrait que légèrement reculer à 36,7 % en 2027, à condition qu’une reprise économique soit amorcée dès 2026.

Au-delà de l’aspect économique, l’entretien a aussi permis d’aborder les efforts du gouvernement haïtien pour restaurer un climat de sécurité et organiser des élections démocratiques — conditions jugées incontournables pour sortir durablement de la crise.

Bon nombre d’Haïtiens attendent les retombées positives de cette mission, alors que l’économie nationale reste largement dépendante de décisions politiques étrangères. Le pays traverse l’une des périodes les plus difficiles de son histoire contemporaine, avec une crise multidimensionnelle qui dure depuis plus d’un quinquennat.






Par Wideberlin Senexant 

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