PubGazetteHaiti202005

Décès de Stéphora: quatre membres de l'Institut Léonard de Vinci arrêté par les autorités dominicaines 

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Le parquet de Saint-Domingue a procédé  à l’arrestation de quatre membres de l'Institut Léonard de Vinci dont la directrice administrative Yris del Carmen Reyes Adames, dans le cadre de l'enquête sur la mort Stephora Anne-Mircie Joseph, une jeune haïtienne âgée de 11 ans, survenue le 14 novembre dernier en République Dominicaine.

Le dossier de Stéphora prend une nouvelle tournure en République Dominicaine. Quatre membres de l'Institut Léonard de Vinci sont à présent entre les mains de la justice dominicaine dans le cadre d’une enquête.


Les personnes arrêtées sont les suivantes: Yris del Carmen Reyes Adames, directrice administrative de l'Institut Léonard de Vinci ; Gisela González, coordinatrice générale et conseillère auprès de la direction ; Francisca Josefina Tavarez Vélez, conseillère ; et Vilma Altagracia Vargas Morel, coordinatrice du lycée.


Leur interpellation a été annoncée par le parquet de Saint-Domingue dans un communiqué publié hier, samedi 6 décembre 2025. Dans ce communiqué le parquet précise que « la fillette a trouvé la mort dans l'une des piscines du ranch Los Caballos, où elle avait été emmenée en excursion avec d'autres élèves de l'école Leonardo Da Vinci, située sur la route Don Pedro à Santiago de los Caballeros » .

Il dit disposer « d'éléments prouvant que 87 enfants ont été conduits au ranch avec seulement trois accompagnateurs, sans aucune mesure de sécurité ni considération pour la profondeur des piscines. Aucun gilet de sauvetage n'a été fourni et les parents ou tuteurs n'ont pas été consultés quant aux compétences nageuses des enfants. Les accompagnateurs n'ont pas non plus exigé le port du gilet de sauvetage». De plus, les autorités dominicaines ont évoqué une vidéo, selon laquelle, elles ont constaté une « négligence extrême »  de la part des personnes qui accompagnaient Stéphora, ainsi que celles qui ont participé à l’organisation de cette sortie.


La justice dominicaine a dénoncé la négligence des responsables de l’établissement.

Cette enquête a été réalisée par le procureur général adjoint Wilson Camacho et la procureure Olga Diná Llaverías, respectivement à la tête de la Direction générale des poursuites du parquet et de la Direction nationale de l'enfance, de l'adolescence et de la famille (Dinnaf) sous les ordres de la procureure générale de la République dominicaine, Yeni Berenice Reynoso, rapporte le communiqué.

Parallèlement, le parquet de Saint-Domingue invite le ministère dominicain de l'Éducation à une inspection conjointe à l'école Leonardo Da Vinci afin d'identifier toute pratique contraire à l'intérêt supérieur de l'enfant.

Scène tragique et silence des responsables de l’école

Stéphora Anne-Mircie Joseph, élève brillante de l’Institut Leonardo Da Vinci, à Santiago, participait à une excursion scolaire dans un ranch privé situé à Gurabo, dans le nord de la République dominicaine. Selon les premières informations, la sortie comprenait notamment l’accès à une piscine.  Sa mère, Lovelie Joseph  a reçu un premier appel lui indiquant que sa fille avait fait un malaise. Peu de temps après, elle a reçu un autre appel, la plongeant dans une inquiétude totale .
 
À son arrivée sur les lieux, la scène qu’elle découvre est, selon ses mots, « chaotique ». Présence policière renforcée, ambulances, agitation inhabituelle : « J’ai compris que quelque chose de grave s’était produit », raconte-t-elle. Aucun responsable de l’établissement scolaire ne lui fournit alors d’explications claires. « C’est finalement un policier qui m’a annoncé que ma fille était décédée », témoigne Mme Joseph, encore marquée par ce moment. Les autorités évoquent une noyade, mais sans livrer de compte rendu détaillé des faits.

La mort de Stéphora, décrite par sa mère comme une élève modèle, régulièrement parmi les meilleures de sa classe, a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux et plongé plus d’un dans l’indignation. De nombreux citoyens haïtiens, dont des artistes, des influenceurs ont publié des vidéos sur la plateforme TikTok pour réclamer justice pour Stéphora et demander aux autorités dominicaines d’éclaircir les faits.

Réaction des autorités haïtiennes

Plus de deux semaines après, le Ministère des Haïtiens Vivant à l’Etranger (MHAVE) a  lancé un appel à une enquête  transparente pour que lumière soit faite sur la mort de Stéphora.

Quant à l’Ambassade d’Haïti en République Dominicaine, elle a réagi le 2 décembre. Elle a affirmé que le Consulat Général de Santiago et l'Ambassade fournissent un appui à la mère de la fillette et l'accompagnent, depuis, dans toutes ses démarches tout en promettant  de suivre ce dossier jusqu’à la fin de l'enquête. 

Le Conseil Présidentiel de Transition critiqué pour son silence, a finalement réagi le 5 décembre dernier. Il a exprimé  ses sympathies et sa solidarité à la famille de Stéphora Anne-Mircie Joseph et a exhorté le gouvernement dominicain à tout mettre en œuvre en vue de poursuivre et d’aboutir à une enquête rigoureuse.

La mort de Stéphora survient dans un contexte où des migrants haïtiens font face à de graves violations dans le pays voisin. Ces actes sont régulièrement dénoncés par des médias locaux et le Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR). 

Certaines femmes ont subi des violences sexuelles par des agents de la Migration de la République voisine. Ces faits ont été rapportés plusieurs fois par des médias étrangers, ainsi que le GARR. Ni les femmes enceintes, ni les mères allaitantes ne sont épargnées. Elles sont chassées même dans les hôpitaux. Des victimes sont à déplorer. 

Seulement pour le mois d’octobre, plus de 20 000 Haïtiens ont été expulsés de la République Dominicaine, alors que plus de 26 900 avaient été rapatriés en août , selon le GARR.


Par: Daniella Saint-Louis

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