La Coordination nationale de la sécurité alimentaire (CNSA) a présenté, le 16 avril 2026, les résultats actualisés de l’analyse IPC de septembre 2025. Le rapport révèle que 5,83 millions d’Haïtiens, soit environ 52 % de la population, sont en situation d’insécurité alimentaire aiguë, confirmant une crise persistante dans un contexte national particulièrement fragile.
La CNSA, en collaboration avec ses partenaires nationaux et internationaux, a dévoilé des données alarmantes sur l’évolution de la sécurité alimentaire en Haïti. Selon cette mise à jour, près de 1,8 million de personnes sont classées en phase d’urgence (phase 4 de l’IPC), tandis qu’environ 4 millions se trouvent en phase de crise (phase 3). Ces chiffres traduisent une réalité préoccupante : plus de la moitié de la population ne parvient pas à couvrir ses besoins alimentaires de base, estimés à 2 100 kilocalories par jour.
Lors de la cérémonie de présentation, le coordonnateur de la CNSA, Harmel Cazeau a insisté sur l’importance de disposer de données fiables et transparentes pour orienter les décisions. Il a souligné que les exigences actuelles en matière de sécurité alimentaire reposent sur la rigueur des analyses et leur capacité à guider efficacement les interventions sur le terrain.
Les analyses mettent en évidence une combinaison de facteurs aggravants. La violence des groupes armés continue de perturber l’accès aux marchés, aux services de base et aux moyens de subsistance. Parallèlement, le pays fait face à une crise économique persistante, marquée par plusieurs années de récession, notamment dans le secteur agricole.
À ces difficultés s’ajoutent les effets des chocs climatiques et la situation des populations déplacées internes, particulièrement vulnérables. Dans plusieurs zones du pays, l’accès à l’aide humanitaire reste limité, ce qui accentue la gravité de la situation et nécessite des interventions urgentes.
Face à cette crise, les autorités haïtiennes et leurs partenaires misent sur des stratégies coordonnées basées sur les données de l’IPC. Les zones en phase d’urgence sont considérées comme prioritaires pour les interventions.
Le gouvernement, à travers le ministre de l’Agriculture Marcelin Aubourg, affirme vouloir renforcer la réponse nationale, notamment grâce à un plan soutenu par la Banque mondiale pour faire face aux crises alimentaires et nutritionnelles. Dans cette perspective, le secteur agricole est présenté comme un levier stratégique, étant une source essentielle de revenus pour une grande partie de la population.
Les partenaires internationaux, dont le Programme alimentaire mondial (PAM) et la FAO, ont également réaffirmé leur engagement. En 2025, le PAM indique avoir assisté 2,7 millions de personnes, notamment à travers des transferts monétaires et l’utilisation de produits locaux.
Les intervenants s’accordent sur la nécessité d’une action immédiate et coordonnée. La CNSA appelle à un renforcement des interventions afin de mieux répondre aux besoins des populations les plus vulnérables et d’éviter une aggravation de la crise.
Dans un pays confronté à des défis multiples, la lutte contre l’insécurité alimentaire apparaît comme un enjeu central pour la stabilité et le développement. Sans réponses durables et structurées, les conditions de vie des ménages risquent de se détériorer davantage, avec des conséquences profondes à long terme.
Arnold Junior Pierre
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