PubGazetteHaiti202005

À Kenscoff, l’insécurité étouffe la vie quotidienne et pousse les habitants à tirer la sonnette d’alarme 

À Kenscoff, l’insécurité étouffe la vie quotidienne

Entre peur, pertes économiques et déplacements forcés, les habitants de plusieurs zones de Kenscoff appellent l’État à renforcer les opérations de sécurité pour reprendre le contrôle du territoire. Dans cette commune marquée par la montée de la violence armée, les marchands, les résidents et les responsables locaux décrivent une situation de plus en plus préoccupante. Lors d’un micro-trottoir réalisé par la rédaction du journal Gazette Haiti News ce vendredi 10 juillet 2026, plusieurs citoyens ont lancé un appel aux autorités pour des interventions durables face à l’expansion des groupes armés.

Sur le marché communale de la commune, la situation économique devient de plus en plus difficile. Des commerçantes expliquent que la peur éloigne les clients et réduit considérablement leurs activités. « Les gens ne viennent plus acheter comme avant », témoignent plusieurs vendeuses. Pour elles, l’insécurité ne représente pas seulement une menace pour leur vie, mais aussi un coup dur pour leurs moyens de subsistance.

Depuis le 27 janvier 2025, des habitants affirment vivre dans une situation particulièrement compliquée. Les déplacements sont devenus difficiles et plusieurs familles restent constamment sur leurs gardes. « Nou ranje valiz nou deja, nap tann kouri », confie un marchand, exprimant le sentiment d’incertitude qui domine dans la commune. 


Cette inquiétude est également partagée par les autorités municipales. Le maire de Kenscoff, Jean Massillon, a récemment alerté sur la dégradation de la situation sécuritaire dans plusieurs secteurs de la commune. Selon lui, les groupes armés représentent une menace persistante depuis plusieurs mois. « Cela fait environ 19 mois que les bandits armés attaquent la commune », a-t-il déclaré, estimant que le manque d’opérations offensives régulières a favorisé l’installation des groupes criminels.

Le maire est revenu sur l’attaque meurtrière menée dans la localité de Robin au début du mois de juillet. Il affirme que cette attaque a provoqué de lourdes pertes humaines et matérielles. « Les bandits ont massacré la population, tué de nombreuses personnes, incendié des maisons et des véhicules », a indiqué Jean Massillon. Il estime que les interventions ponctuelles des forces de sécurité ne suffisent pas et appelle à une présence permanente sur le terrain.

Face à cette situation, le responsable municipal demande au gouvernement central et au haut commandement de la Police nationale d’Haïti d’accorder une attention particulière à Kenscoff. Selon lui, la chute de cette commune pourrait avoir des conséquences importantes sur plusieurs zones voisines. « Si Kenscoff tombe, Thomasin, La Boule, Fermathe et Pétion-Ville subiront de graves conséquences », a-t-il averti.

Dans les quartiers de Douyèt et Robin, la population continue de vivre sous la pression des attaques. Des habitants rapportent que des maisons et des espaces agricoles sont régulièrement ciblés par des hommes armés. Cette situation provoque un climat de peur et pousse plusieurs familles à limiter leurs déplacements pour éviter de devenir des victimes.

Les citoyens demandent désormais des actions concrètes. Ils souhaitent voir des opérations de sécurité durables, accompagnées de moyens suffisants pour permettre aux forces de l’ordre de reprendre le contrôle des zones touchées. Pour les habitants, la priorité reste claire : retrouver la sécurité afin de pouvoir reprendre une vie normale, travailler, envoyer les enfants à l’école et continuer à faire vivre la commune.

À Kenscoff, le constat dressé par les habitants, les marchands et les autorités locales est alarmant. Entre la peur des attaques, les pertes économiques et le risque de déplacement, la population attend une réponse rapide de l’État pour empêcher une aggravation de la crise sécuritaire.

Arnold Junior Pierre

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