PubGazetteHaiti202005

Luis Abinader à l’ONU: « Il n’existe pas de solution dominicaine à la crise haïtienne »

Luis Abinader, président dominicain

Face à l’aggravation de la crise sécuritaire en Haïti et à ses répercussions dans la Caraïbe, le président dominicain Luis Abinader a appelé, ce jeudi 24 septembre 2026, la communauté internationale à renforcer de manière concrète son soutien aux efforts de stabilisation du pays. À la tribune de l’Assemblée générale des Nations Unies, le chef de l’État dominicain a réclamé davantage de moyens humains, financiers et logistiques pour la force internationale chargée d’appuyer la sécurité en Haïti, tout en insistant sur la nécessité de renforcer les institutions nationales. Il a également rappelé que la République dominicaine continuera de protéger ses frontières et ses intérêts nationaux, estimant que la résolution de la crise doit avant tout passer par le rétablissement de l’autorité de l’État haïtien. Il a affirmé qu’ « Il n’existe pas de solution dominicaine à la crise haïtienne ».

 

 

Luis Abinader a dressé un constat préoccupant de la situation sécuritaire en Haïti, marquée, selon lui, par l’expansion des groupes armés et des réseaux criminels dans plusieurs zones du pays. Le président dominicain a notamment évoqué le trafic d’armes, la traite des personnes et le recrutement de mineurs parmi les principales manifestations de cette crise, qu’il considère désormais comme un enjeu dépassant les frontières haïtiennes et susceptible d’affecter la paix, la stabilité et la sécurité de l’ensemble de la région caribéenne.

Pour illustrer l’ampleur des violences, Luis Abinader a évoqué les récentes attaques enregistrées à Kenscoff, affirmant qu’au moins 47 personnes, dont cinq enfants, avaient été tuées en une seule nuit lors d’attaques attribuées aux gangs. Le président dominicain a également alerté sur l’ampleur des déplacements de population en Haïti, estimant que près de 1,5 million de personnes ont été contraintes de fuir leur domicile, dont environ la moitié seraient des mineurs. Face à cette situation, il a appelé la communauté internationale à ne pas banaliser ces violences ni à les considérer comme une réalité durable.

Luis Abinader a salué la contribution de plusieurs pays, notamment le Kenya, les États-Unis, le Canada et le Panama, aux efforts internationaux visant à renforcer la sécurité en Haïti, tout en exprimant ses préoccupations face au faible niveau de déploiement de la force internationale. Selon lui, celle-ci ne compterait actuellement qu’environ un cinquième des effectifs initialement autorisés par la résolution 2699 du Conseil de sécurité de l’ONU. Le président dominicain a ainsi appelé à ce que tout renouvellement du mandat de la mission soit accompagné de moyens humains, financiers et logistiques suffisants. Il a également plaidé pour une application plus rigoureuse de l’embargo sur les armes destinées à Haïti et pour des sanctions ciblées contre les personnes qui financent ou soutiennent les groupes armés.

Il a insisté sur la nécessité de renforcer les institutions haïtiennes chargées de la sécurité et de la justice, notamment la Police nationale d’Haïti, les Forces armées d’Haïti et l’appareil judiciaire. Selon lui, ce renforcement doit permettre à l’État haïtien de reprendre durablement ses fonctions et de créer les conditions nécessaires au retour à la stabilité. Luis Abinader a également rappelé que la République dominicaine continuera d’apporter un soutien logistique, médical et financier à Haïti, tout en protégeant ses propres intérêts. « Il n’existe pas de solution dominicaine à la crise haïtienne », a-t-il déclaré, réaffirmant dans le même temps la volonté de son gouvernement d’appliquer ses lois migratoires, de contrôler sa frontière et d’assurer la sécurité de son territoire.

Pour le président dominicain, la sortie de crise doit avant tout passer par le rétablissement de l’autorité de l’État haïtien, afin de permettre notamment le retour des enfants à l’école et la tenue d’élections démocratiques. Son intervention à l’ONU traduit ainsi la volonté de Saint-Domingue de maintenir la crise haïtienne au centre des préoccupations internationales, tout en rappelant que sa résolution relève d’abord des institutions et des acteurs haïtiens, avec l’appui de la communauté internationale.

 

 

 

Par Arnold Junior Pierre

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