PubGazetteHaiti202005

La DGI collecte plus de 9,2 milliards de gourdes en octobre et surpasse ses objectifs de recettes

Chesnel François, Dir DGI

La Direction Générale des Impôts (DGI) a enregistré une collecte de 9,2425 milliards de gourdes en octobre 2026, premier mois de l’exercice fiscal 2026-2027. Ce montant dépasse les prévisions établies pour cette période, fixées à 8,7 milliards de gourdes, soit un excédent de 542,5 millions de gourdes. Dans une note de conjoncture publiée le 6 novembre, l’administration fiscale présente les résultats de ses recettes mensuelles, faisant état d’une progression significative de ses performances.

Cette collecte représente 106,2 % de l’objectif mensuel, soit un dépassement de 6,2 %. Elle traduit également une hausse de 20,8 % par rapport à octobre 2025, lorsque les recettes de l’institution s’élevaient à 7,6538 milliards de gourdes. En valeur absolue, cette augmentation correspond à près de 1,59 milliard de gourdes supplémentaires sur une année.

L’évolution des recettes au cours des dernières années permet de mieux mesurer cette progression. En octobre 2022, la DGI avait mobilisé 3,9343 milliards de gourdes. Ce montant était passé à 6,2138 milliards en 2023, puis à 6,3474 milliards en 2024, avant d’atteindre 7,6538 milliards en octobre 2025. Avec les 9,2425 milliards enregistrés cette année, l’institution réalise ainsi son meilleur résultat pour un mois d’octobre sur la période considérée.

Pour expliquer cette performance, l’administration fiscale met notamment en avant les réformes entreprises et les efforts consacrés à la modernisation de ses mécanismes de perception. Parmi les mesures évoquées figure le déploiement progressif du système RMS, destiné à améliorer le suivi des opérations fiscales et la gestion des informations relatives aux contribuables.

À ces initiatives s’ajoutent la réouverture de certains bureaux précédemment fermés et l’installation de nouveaux centres de perception dans des zones présentant un potentiel économique important. La DGI souligne également le renforcement de ses dispositifs de recouvrement, le suivi plus rigoureux des contribuables et le croisement des données disponibles. Ces actions visent à identifier de nouveaux assujettis et à élargir progressivement l’assiette fiscale, en intégrant davantage d’activités économiques au système formel.

Toutefois, si l’institution attribue une partie de ses résultats à ces différentes mesures, leur contribution respective à l’augmentation des recettes reste à déterminer. Les données publiées permettent de constater une hausse des encaissements, sans pour autant suffire à évaluer précisément l’impact de chaque réforme.

Cette progression intervient dans un contexte où les autorités haïtiennes doivent répondre à d’importants besoins de financement. La sécurité publique, le fonctionnement des institutions, l’organisation des prochaines élections et la relance économique figurent parmi les priorités nécessitant des moyens considérables. Dans ces conditions, l’amélioration du recouvrement fiscal constitue un levier essentiel pour renforcer les capacités budgétaires de l’État et réduire progressivement sa dépendance aux financements extérieurs.

Néanmoins, l’accroissement des recettes ne représente qu’une partie de l’équation. Leur utilisation demeure tout aussi déterminante. Pour les contribuables, les efforts consentis à travers le paiement des impôts doivent également se traduire par une amélioration des services publics et une prise en charge plus efficace des besoins de la population.

Au-delà de ce résultat enregistré en octobre, la DGI devra désormais démontrer sa capacité à maintenir cette dynamique tout au long de l’exercice fiscal 2026-2027. La régularité des performances, l’élargissement de l’assiette fiscale et l’amélioration des services offerts aux citoyens constitueront autant d’indicateurs permettant d’apprécier la portée des réformes engagées.

Cette performance soulève ainsi une interrogation essentielle : dans quelle mesure les ressources supplémentaires mobilisées permettront-elles de consolider les finances publiques et d’améliorer concrètement les conditions de vie de la population ? Au-delà des chiffres annoncés, l’enjeu demeure la transformation des recettes fiscales en résultats tangibles pour le pays.

Pour l’heure, les données communiquées par la Direction générale des impôts témoignent d’une augmentation notable des recettes dès le début du nouvel exercice fiscal. Il reste à déterminer si cette tendance se confirmera dans les prochains mois et contribuera durablement au renforcement des capacités financières de l’État haïtien.

 

 

 

Par Junior Pierre

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