Quelques heures seulement après la publication de l’arrêté le nommant Directeur général du Conseil Électoral Provisoire (CEP), Uder Antoine a vu son contrat de Directeur exécutif résilié ce mardi par l’institution électorale, qui l’accuse d’avoir accepté cette nomination au mépris de la position exprimée par les conseillers électoraux sur le nouveau décret électoral adopté par le gouvernement.
La journée du mercredi 3 juin 2026 aura ainsi été marquée par une nouvelle escalade entre le Conseil Électoral Provisoire et l’Exécutif autour du décret électoral récemment adopté en Conseil des ministres.
Dans un premier temps, l’arrêté nommant Uder Antoine au poste de Directeur général du CEP a été rendu public. Cette nomination intervient dans une situation déjà tendue entre le gouvernement et l’institution électorale, laquelle avait publiquement contesté le projet de décret électoral présenté par la Primature lors d’une réunion tenue le mardi 2 juin.
Quelques heures plus tard, le CEP a réagi en adoptant une résolution mettant fin au contrat de travail de M. Antoine comme Directeur exécutif avec effet immédiat.
Dans le document signé par la 8 des 9 membres du Conseil, les conseillers rappellent avoir recruté Uder Antoine au poste de Directeur exécutif le 14 avril 2026. Ils soutiennent également que le projet de décret électoral adopté par le gouvernement diffère substantiellement de celui transmis par le CEP à la Primature le 24 avril dernier.
Selon la résolution, les membres du Conseil estiment que le décret adopté porte atteinte au principe d’indépendance de l’institution électorale et considèrent que l’initiative d’élaboration du texte relevait exclusivement de leur compétence. Le CEP reproche en outre à Uder Antoine d’avoir accepté l’offre du gouvernement de devenir Directeur général de l’institution alors qu’il avait été informé de l’opposition du Conseil à certaines dispositions du décret.
Les conseillers électoraux affirment que le désormais ancien Directeur exécutif bénéficiait de leur confiance et qu’en acceptant cette nomination, il a manqué à ses obligations et porté atteinte au principe d’indépendance du CEP. Ils soutiennent également que le Directeur exécutif a l’obligation de contribuer à la préservation de l’autonomie de l’institution.
Par sa résolution, le Conseil décide donc de résilier immédiatement le contrat de travail d’Uder Antoine comme Directeur exécutif. Le document lui interdit également de pénétrer dans les locaux du CEP jusqu’à nouvel ordre et lui enjoint de remettre sans délai tous les matériels appartenant à l’institution qui sont en sa possession.
Par: Daniel Zéphyr
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