Le gouvernement haïtien a salué, mardi 29 septembre 2026, la décision du Conseil de sécurité des Nations unies de prolonger jusqu’au 31 mars 2027 le mandat de la Force de Répression des Gangs (FRG). Dans un communiqué publié le même jour, l’Exécutif estime que cette décision vient soutenir les efforts engagés pour faire face à la crise sécuritaire qui frappe le pays.
La résolution a été adoptée par 12 voix favorables, sans vote contre, tandis que trois membres du Conseil de sécurité la Chine, la Fédération de Russie et le Pakistan se sont abstenus. Les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, Bahreïn, la Colombie, la République démocratique du Congo, le Danemark, la Grèce, la Lettonie, le Liberia, le Panama et la Somalie ont voté en faveur de la prorogation.
Pour les autorités haïtiennes, cette prorogation constitue un appui supplémentaire aux démarches entreprises en vue du rétablissement de la sécurité nationale. La décision intervient alors que le mandat initial de la FRG, autorisé en septembre 2025, arrivait à échéance.
Le gouvernement met notamment en avant les démarches diplomatiques du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé auprès des Nations unies. Lors de son passage à New York, le chef du gouvernement avait demandé le renouvellement du mandat de la force ainsi qu’une accélération de son déploiement opérationnel. La Primature avait déjà souligné la nécessité d’un appui international renforcé tout en insistant sur le développement des capacités nationales de sécurité.
L’Exécutif souligne néanmoins que l’intervention internationale ne doit pas se substituer aux capacités nationales. Dans son communiqué, il insiste sur la nécessité de renforcer les institutions haïtiennes chargées de la sécurité afin de parvenir progressivement à une prise en charge nationale de la situation.
Dans cette perspective, le gouvernement indique que plus de 2 000 policiers ont déjà terminé leur formation. Il fait également état de l’intégration de 1 500 nouveaux soldats au sein des Forces armées d’Haïti. L’objectif affiché est de porter les effectifs militaires à 15 000 soldats au cours des trois prochaines années. Ces chiffres avaient également été présentés par le Premier ministre lors de son intervention à l’Assemblée générale des Nations unies.
Pour l’Exécutif, la prolongation du mandat de la FRG doit donc s’inscrire dans une stratégie plus large combinant soutien international et renforcement des structures nationales. Les autorités affirment vouloir utiliser cette nouvelle période pour consolider les capacités de la Police nationale d’Haïti et des Forces armées d’Haïti, avec l’objectif affiché de permettre progressivement à l’État de reprendre le contrôle de l’ensemble de son territoire.
La décision du Conseil de sécurité intervient ainsi comme un nouvel élément du dispositif international engagé en Haïti, alors que la force reste confrontée au défi de son déploiement effectif. Le renouvellement du mandat jusqu’au 31 mars 2027 ouvre désormais une nouvelle période durant laquelle les autorités haïtiennes et leurs partenaires internationaux devront démontrer leur capacité à traduire cet appui en résultats concrets sur le terrain.
Junior PIERRE
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