L’État haïtien a réceptionné, lundi 28 septembre, dix nouveaux véhicules blindés destinés aux forces de sécurité. Cinq doivent être attribués à la Police nationale d’Haïti (PNH) et cinq aux Forces armées d’Haïti (FAd’H), selon des sources gouvernementales citées par Le Nouvelliste.
Cette livraison intervient alors que les opérations contre les groupes armés s’intensifient dans plusieurs zones du pays. À Kenscoff, la PNH affirme avoir repris le contrôle de Godet, Viard-1, Viard-2 et Bois d’Avril après plusieurs semaines d’offensives. Des hélicoptères, plusieurs autres unités ont aussi pris part à ces tentatives de reconquête.
À Gressier, les forces de l’ordre poursuivent également leurs interventions. Une opération menée le 24 septembre à Jasmin a notamment conduit, selon des informations rapportées par la presse, à la mort de trois présumés membres de groupes armés et à la récupération de trois fusils d’assaut.
Des forces qui se renforcent
Les nouveaux blindés doivent accroître les moyens disponibles sur le terrain. Du côté des FAd’H, les véhicules devraient recevoir un camouflage militaire afin de les distinguer de ceux affectés à la PNH.
Le renforcement passe aussi par la formation. Le 18 septembre, 114 militaires haïtiens, dont 108 recrues et six membres d’encadrement, ont quitté Haïti pour le Mexique. Ils doivent y suivre une formation militaire dans le cadre de la coopération entre les deux pays.
La PNH poursuit parallèlement la formation de nouvelles recrues à travers le programme P4000+. La 37e promotion, troisième cohorte de ce programme, était encore en formation à l’École nationale de police à la fin septembre.
Une pression sécuritaire toujours forte
Ces avancées opérationnelles interviennent toutefois dans un contexte particulièrement difficile. Dans le Bas-Artibonite, hier 28 septembre, une attaque attribuée au gang Kokorat San Ras a fait au moins 11 morts à Gros-Morne. L’attaque se serait produite, suite à une intervention de la Force de répression des gangs (GSF) dans la zone.
Le contraste reste donc saisissant : les forces nationales améliorent leurs équipements et renforcent leurs effectifs, tandis que les groupes armés conservent une capacité de nuisance importante dans plusieurs régions surtout avec les kidnappings.
Cette situation pèse directement sur le processus électoral. Le calendrier publié par le Conseil électoral provisoire prévoit le premier tour de la présidentielle et des législatives pour le 13 décembre 2026. Le CEP précise toutefois que le respect de cette échéance dépend notamment de l’établissement d’un climat sécuritaire acceptable. Un agenda qui pourrait être modifié si on tient compte de la modification du décret électoral annoncé.
À moins de trois mois de cette échéance annoncée, la question sécuritaire demeure ainsi l’un des principaux défis auxquels sont confrontées les institutions chargées de préparer le scrutin.
Wideberlin Sénexant
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