Depuis plusieurs jours, des chauffeurs, des syndicalistes et des professionnels de la mécanique dénoncent la « mauvaise qualité du carburant » vendu sur le marché haïtien. Selon plusieurs témoignages, cette situation aurait déjà provoqué des pannes et endommagé certains véhicules. Face à la multiplication des plaintes, le ministre du Commerce et de l’Industrie, James Monazard, a annoncé le déploiement d’inspecteurs afin de vérifier la qualité des produits pétroliers commercialisés dans le pays.
« Il est inadmissible que personne ne dénonce la mauvaise qualité du carburant vendu aux automobilistes et qui endommage leurs moteurs », a déclaré Pétrus Lerice, administrateur de la plateforme du Secteur du transport terrestre haïtien (STTH), dans une publication diffusée mardi sur son compte X.
Il a qualifié la situation de « scandaleuse » et appelé les membres du Conseil consultatif pétrolier à se prononcer sur les préoccupations exprimées par les automobilistes.
« Vont-ils nous laisser consommer tout ce carburant de mauvaise qualité stocké dans les terminaux ? », s’est-il interrogé.
De son côté, Jocelin Pierre, mécanicien de motocyclettes, a également alerté sur la situation. Il affirme que son garage est actuellement « surchargé » de motocyclettes tombées en panne après que leurs propriétaires ont fait le plein de carburant.
Selon le mécanicien, l’un des principaux problèmes constatés concerne notamment les carburateurs.
D’autres usagers, particulièrement des chauffeurs, font également état de difficultés qu’ils attribuent au carburant actuellement commercialisé. Marc André, chauffeur de camionnette, affirme avoir lui aussi constaté le problème.
Contacté par la rédaction, le président de l’Association nationale des propriétaires de stations-service (ANAPROSS), Marc André Deriphonse, indique avoir recensé, depuis le week-end, plusieurs plaintes de personnes faisant état de problèmes qu’elles associent au carburant.
Il affirme que les plaintes concernent plusieurs stations-service et estime que l’origine du problème pourrait se situer au niveau du terminal. Cette hypothèse n’a toutefois pas encore été établie par les autorités compétentes.
Marc André Deriphonse indique avoir contacté des responsables de compagnies pétrolières afin d’obtenir davantage d’informations, mais affirme ne pas avoir encore reçu d’éléments permettant de déterminer l’origine du problème.
Le MCI annonce des inspections
Intervenant ce mercredi matin à l’émission « Le Rendez-Vous », présentée par Volcy Assad, le ministre du Commerce et de l’Industrie, James Monazard, a confirmé avoir reçu plusieurs plaintes concernant la qualité du carburant. Il s’est toutefois gardé, à ce stade, de confirmer l’existence d’un problème de qualité, dans l’attente des vérifications nécessaires.
Le ministre a expliqué qu’avant même les récentes dénonciations, le ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI) avait déjà engagé des démarches concernant la commercialisation des produits pétroliers sur le marché, notamment le calibrage des pompes et le contrôle de la qualité des carburants.
James Monazard a annoncé le déploiement d’inspecteurs du MCI sur le terrain afin de procéder à des contrôles et à des prélèvements. Ces opérations devront permettre de vérifier la qualité du carburant commercialisé et, si une anomalie est effectivement constatée, d’en déterminer l’origine.
Les investigations devront également permettre d’établir à quel niveau de la chaîne d’approvisionnement un éventuel problème pourrait se situer, notamment au niveau des compagnies pétrolières, des terminaux ou d’autres maillons du circuit de distribution.
En fonction des résultats des analyses, le titulaire du MCI a annoncé que le gouvernement prendra les mesures nécessaires pour empêcher la commercialisation de tout carburant qui ne respecterait pas les normes de qualité en vigueur.
Le ministre a également appelé la population à continuer de signaler les éventuels problèmes liés à la qualité du carburant et a réaffirmé la disponibilité du MCI à donner suite aux plaintes reçues.
James Monazard estime par ailleurs qu’il serait « anormal » qu’un opérateur, informé de la mauvaise qualité d’un carburant, décide malgré tout de l’acheter pour le commercialiser sur le marché haïtien.
Par Daniella SAINT-LOUIS
- Log in to post comments


