PubGazetteHaiti202005

Moïse Jean-Charles rejette les accusations de l’ONU sur le  commerce des civelles ( zangi ) en Haïti

Moïse Jean-Charles rejette les accusations de l’ONU sur le  commerce des civelles ( zangi ) en Haïti

En marge d’une activité de football organisée dans le Nord du pays, le leader du parti politique « Pitit Dessalines » Moïse Jean-Charles, a rejeté, dimanche 11 octobre 2026, les allégations du Groupe d’experts des Nations Unies selon lesquelles, il serait un acteur central du commerce des civelles,  appelées « zangi » en Haïti. 

« Je suis Moïse Jean-Charles, je suis intègre et honnête », a-t-il déclaré, niant catégoriquement les accusations portées contre lui.

L’ancien parlementaire a affirmé que son nom n’avait été associé à aucun dossier de corruption, notamment ceux liés au trafic d’armes à feu. Selon lui, les accusations formulées par les experts des Nations Unies viseraient à le déstabiliser politiquement.

« Je n’ai jamais été un homme d’affaires. Je suis un homme politique qui évolue dans des activités sociales dans ce pays », a-t-il soutenu, précisant n’avoir jamais détenu de licence d’exportation de civelles.

Moïse Jean-Charles estime que ces accusations relèveraient de persécutions politiques, qu’il met en relation avec ses nombreux désaccords avec certaines décisions des autorités, notamment le décret relatif aux ressources minières.

Il a également appelé les Nations Unies à ne pas se laisser induire en erreur par les conclusions du Groupe d’experts. Selon lui, il n’est impliqué ni de près ni de loin dans cette affaire.

Dans son dernier rapport, le Groupe d’experts des Nations Unies décrit le commerce des civelles en Haïti comme un secteur caractérisé par un manque de réglementation et une forte opacité. Cette situation favoriserait les pratiques illicites et compliquerait le contrôle des exportations.

Le document souligne notamment qu’Haïti n’est toujours pas partie à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES). Selon les experts, cette absence de cadre international contribue à accroître la vulnérabilité de ce commerce.

Le rapport s’intéresse particulièrement au rôle attribué à Moïse Jean-Charles. D’après les experts, le réseau qui lui serait associé exercerait une influence sur les personnes chargées de délivrer les permis d’exportation de civelles. Ces autorisations sont accordées au début de la saison de pêche, qui s’étend généralement de septembre à mars.

Les experts évoquent également une influence politique et économique qui s’étendrait à plusieurs étapes de la filière, de la collecte des civelles à leur commercialisation. Le ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural, ainsi que certains agents des douanes, seraient concernés par cette influence présumée.

Selon les sources consultées par les enquêteurs, certains anciens associés de Moïse Jean-Charles seraient devenus ses rivaux après avoir été privés de permis d’exportation.

Pitit Dessalines réclame des clarifications

Dans un communiqué publié le 10 octobre 2026, le parti «  Pitit Dessalines»  a annoncé avoir officiellement saisi le Secrétaire général des Nations Unies et le Groupe d’experts sur Haïti au sujet des allégations visant son leader.

La formation politique réclame des clarifications précises et vérifiables concernant les faits rapportés.

Elle rappelle par ailleurs que « le commerce des civelles (zangi) n’est pas, en soi, une activité illégale ». Le parti précise également que le ministère de l’Agriculture délivre des certificats aux exportateurs qui satisfont aux normes et aux exigences applicables.

Toutefois, Moïse Jean-Charles et son parti rejettent les accusations et demandent que les faits avancés soient étayés par des éléments vérifiables.

Daniella Saint-Louis

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