PubGazetteHaiti202005

Carlos Ruiz Massieu salue les avancées de la transition et appelle à maintenir la dynamique politique

Carlos Ruiz Massieu salue les avancées de la transition

Lors de son intervention le lundi 20 juillet 2026 devant le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU) à New York, le chef du Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH), Carlos Ruiz Massieu, a salué les avancées enregistrées dans le processus de transition en Haïti. 

Le chef du BINUH a indiqué que la transition se trouve à un moment critique. Il a toutefois souligné que l’adoption du décret électoral révisé, le consensus trouvé entre les parties prenantes ainsi que l’inscription sur les listes électorales représentent des réalisations importantes, jetant les bases d’une nouvelle dynamique politique.

Carlos Ruiz Massieu a plaidé en faveur d’une cohésion durable entre les institutions haïtiennes, d’un dialogue continu sur l’ensemble des aspects de la transition et d’un engagement collectif plaçant les intérêts du peuple haïtien au-dessus de toute autre considération.

Il s’est dit convaincu que les différents acteurs peuvent travailler ensemble pour faire avancer la transition, réunir les conditions nécessaires à la tenue d’élections crédibles et rétablir le fonctionnement des institutions démocratiques.

Le responsable onusien a également expliqué qu’au cours d’une série de consultations menées avec différents secteurs du pays, l’accent avait été mis sur le rétablissement de la sécurité comme condition indispensable à l’organisation des élections. Toutefois, il a précisé que les défis sécuritaires ne doivent pas devenir une raison de retarder le processus politique et les préparatifs électoraux.

Selon lui, l’amélioration de la situation sécuritaire doit progresser parallèlement aux efforts politiques afin de préserver cette dynamique.

En ce sens, Carlos Ruiz Massieu a insisté sur le déploiement complet de la Force de Répression des Gangs (FRG), en appui aux autorités nationales, afin de contribuer au rétablissement d’un climat sécuritaire favorable au processus électoral.

Il a réaffirmé l’engagement des Nations unies à soutenir les efforts du peuple haïtien. « Aujourd’hui, il faut aller plus vite, il faut davantage de cohérence pour garantir les progrès institutionnels et permettre des actions concrètes », a-t-il déclaré.


Pour Carlos Ruiz Massieu, l’insécurité demeure le défi le plus urgent auquel Haïti est confronté. Il a attiré l’attention sur les actes de violence qui continuent de provoquer un lourd bilan humain.

Il a notamment rappelé la situation de millions de personnes déplacées confrontées à l’insécurité alimentaire, ainsi que les nouvelles violences perpétrées dans certaines zones, notamment à Cité Soleil, Kenscoff et dans le département de l’Artibonite, illustrant l’emprise persistante des groupes armés.

Selon lui, il est essentiel d’intensifier les efforts pour lutter contre l’influence des gangs et protéger la population. Il estime que la FRG constitue « un jalon important en  complément du renforcement continu de la Police Nationale  d’Haïti (PNH) ».

Parallèlement, il a appelé à une coordination étroite entre l’ONU, la FRG, les institutions haïtiennes et les partenaires internationaux.

Carlos Ruiz Massieu a également encouragé la poursuite des opérations contre les gangs, tout en rappelant que celles-ci doivent être menées dans le plein respect des droits humains.

Il estime toutefois que les opérations sécuritaires, à elles seules, ne permettront pas de garantir une paix durable. Il a plaidé pour une stratégie plus large visant à réduire l’attractivité et la capacité des groupes armés, tout en renforçant la justice et les institutions étatiques.

Le représentant du secrétaire général de l’ONU a également appelé à offrir davantage d’opportunités aux communautés touchées par la violence, notamment aux femmes et aux enfants, afin d’éviter l’émergence d’une génération perdue.

« Un membre de gang sur deux est aujourd’hui un enfant. Les enfants sont exploités, contraints à la violence et privés de la possibilité de se construire un avenir  », a-t-il déploré.

Le recrutement des enfants par les gangs a été largement évoqué lors de l’intervention de différents diplomates.

L’ambassadeur des États-Unis auprès de l’ONU, Michael Waltz, a évoqué une récente visite effectuée en Haïti, au cours de laquelle il a rencontré un enfant de huit ans. Selon lui, cet enfant avait appris à tirer sur des chiens.

Le diplomate américain a appelé à intensifier les efforts afin de protéger les enfants haïtiens et d’en sauver davantage.

La chancelière haïtienne, Raina Forbin, est également intervenue lors de cette réunion. Elle a présenté les différentes avancées réalisées par le gouvernement et plaidé en faveur du renouvellement du mandat de la Force de répression des gangs (FRG).

Le diplomate américain dans son intervention a toutefois souligné qu’il entend travailler avec le Panama afin de favoriser le renouvellement du mandat de la FRG en septembre prochain.

 

Par: Daniella Saint-Louis

 

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