PubGazetteHaiti202005

Lucien Jura: le gouvernement s’engage à accompagner le processus électoral sans empiéter sur les prérogatives du Conseil électoral provisoire (CEP)

Lucien Jura

À l’approche des élections prévues le 13 décembre 2026, le secrétaire d’État à la Communication, Lucien Jura, affirme que le calendrier électoral a été arrêté en toute indépendance par le Conseil électoral provisoire (CEP). Invité de l’émission « Le Rendez-Vous » avec Volcy Assad, le jeudi 30 juillet 2026, il a assuré que le gouvernement respecte pleinement l’autonomie de l’institution électorale tout en s’engageant à réunir les conditions nécessaires, notamment sur le plan sécuritaire, afin de favoriser le bon déroulement des élections et de la consultation populaire prévues à cette même date.

Le gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé réaffirme son engagement à accompagner le processus électoral sans empiéter sur les prérogatives du Conseil électoral provisoire (CEP). C’est le message qu’a porté le secrétaire d’État à la Communication, Lucien Jura, lors de son intervention à l’émission « Le Rendez-Vous » avec Volcy Assad sur Gazette Haïti, où il a assuré que la fixation de la date des élections du 13 décembre 2026 relève exclusivement de la compétence du CEP.

Selon le responsable gouvernemental, l’institution électorale a franchi, ces derniers mois, plusieurs étapes inédites depuis le cycle électoral de 2016. Il a notamment évoqué l’installation du Conseil électoral, l’adoption d’un cadre juridique destiné à encadrer le processus ainsi que la mise à disposition d’un budget spécifique pour financer les opérations électorales. À ses yeux, ces avancées témoignent d’une progression méthodique dans les préparatifs du scrutin.

Lucien Jura estime également que la publication du calendrier électoral constitue une étape déterminante dans l’organisation des élections. D’après lui, cette décision résulte d’un travail mené par le CEP dans le strict exercice de ses attributions constitutionnelles. Il a rappelé que le gouvernement n’est pas intervenu dans le choix de la date, réaffirmant que l’indépendance de l’institution électorale demeure un principe fondamental que l’Exécutif entend respecter.

Toutefois, le secrétaire d’État reconnaît que l’organisation d’élections dans le contexte actuel soulève de nombreuses interrogations au sein de la population. La persistance de l’insécurité, alimentée par les activités des groupes armés dans plusieurs régions du pays, nourrit les inquiétudes de nombreux citoyens quant à la possibilité de tenir un scrutin crédible et sécurisé.

Selon Lucien Jura, ces préoccupations sont légitimes. Il affirme néanmoins que les autorités travaillent depuis plusieurs mois afin de réunir les conditions minimales nécessaires au déroulement des opérations électorales. À l’en croire, le calendrier publié par le CEP ne repose pas sur une simple projection administrative, mais sur des consultations menées avec les institutions chargées de la sécurité nationale.

Dans cette perspective, il indique que des échanges ont été organisés entre le Conseil électoral provisoire, la Police nationale d’Haïti (PNH), les Forces armées d’Haïti (FAD’H) ainsi que les responsables de la Force de répression des gangs (FRG). L’objectif, selon lui, est d’évaluer les capacités opérationnelles disponibles et d’identifier les mesures nécessaires pour assurer la protection des électeurs, des bureaux de vote et du matériel électoral.

Lucien Jura rappelle également que, si le CEP agit de manière autonome dans la conduite du processus électoral, il revient à l’État de garantir un environnement sécuritaire favorable. À ce titre, le gouvernement, en collaboration avec le Conseil supérieur de la Police nationale (CSPN), poursuit les efforts visant à renforcer les dispositifs de sécurité sur l’ensemble du territoire.

Le secrétaire d’État a également mis en avant les initiatives destinées à accroître les effectifs des forces de l’ordre. Il a notamment cité le programme P4000, qui prévoit le recrutement et la formation de 4 000 nouveaux policiers sur une période de 18 mois. Selon lui, cette stratégie doit permettre d’améliorer progressivement les capacités d’intervention de la Police nationale face aux défis sécuritaires auxquels le pays est confronté.

Parallèlement, Lucien Jura souligne que le gouvernement continue de compter sur l’appui de la communauté internationale. Il annonce qu’un renforcement des effectifs de la Force de répression des gangs (FRG) est attendu au cours de l’automne, plus précisément en octobre. Ce déploiement supplémentaire devrait, selon lui, permettre d’appuyer davantage les institutions haïtiennes dans leurs opérations de sécurisation.

Au-delà des enjeux sécuritaires, le gouvernement affirme vouloir favoriser une participation électorale la plus large possible. Lucien Jura rappelle que les opérations d’inscription des électeurs ont déjà débuté dans le département de l’Ouest, notamment dans les communes de Pétion-Ville, Delmas et Tabarre, où plusieurs centres d’enregistrement sont désormais opérationnels.

Le secrétaire d’État insiste également sur la situation des personnes déplacées par la violence. Il assure que des dispositions spécifiques sont prévues afin de permettre à ces citoyens de s’inscrire sur les listes électorales et d’exercer leur droit de vote dans les localités où ils résident actuellement, malgré leur déplacement forcé.

À un peu plus de quatre (4) mois de l’échéance électorale, les autorités se veulent rassurantes quant à leur capacité d’accompagner le processus. Reste toutefois à savoir si l’amélioration attendue de la situation sécuritaire permettra effectivement de réunir les conditions nécessaires à la tenue simultanée des élections et de la consultation populaire prévues le 13 décembre prochain.

 

 

 

Par Arnold Junior Pierre

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