PubGazetteHaiti202005

Plus de 27 000 Haïtiens rapatriés par la République dominicaine en juillet 2026, selon le GARR

Plus de 27 000 Haïtiens rapatriés par la République dominicaine

Plus de 27 000 ressortissants haïtiens ont été rapatriés vers Haïti par les autorités dominicaines au cours du mois de juillet 2026, selon un rapport du Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR), qui dénonce des violations des droits fondamentaux des migrants dans le cadre de la politique migratoire menée en République dominicaine.

D’après les données présentées par l’organisation, 27 817 Haïtiens ont été déportés à travers les quatre points officiels de la frontière haïtiano-dominicaine entre le 1er et le 31 juillet. Ce nombre comprend 17 876 hommes, 7 325 femmes, 1 326 filles et 1 290 garçons. Parmi les personnes concernées figuraient également 15 femmes enceintes, 281 femmes allaitantes et 222 mineurs non accompagnés.

Durant la même période, le GARR a recensé 30 492 retours spontanés d’Haïtiens en provenance de la République dominicaine, ainsi que 8 248 refoulements à la frontière.

Dans son rapport, l’organisation dénonce « les violations des droits fondamentaux dont sont victimes les migrants haïtiens dans le cadre des politiques migratoires mises en œuvre par les autorités dominicaines ».

Le GARR rapporte notamment un incident survenu le 21 juillet à San Juan de la Maguana et documenté dans une vidéo. Selon l’organisation, les images montrent deux agents de la Direction générale de la migration dominicaine transportant un ressortissant haïtien dans des conditions qu’elle juge humiliantes et dégradantes.

Pour le GARR, cette scène illustre des pratiques migratoires qu’il qualifie de racistes et de xénophobes. L’organisation se dit également préoccupée par le sort des migrantes haïtiennes enceintes ou allaitantes qui, selon elle, continuent d’être interpellées lors des opérations de contrôle migratoire et d’expulsion menées en territoire dominicain.

Le GARR estime par ailleurs qu’Haïti ne dispose pas actuellement des capacités nécessaires pour absorber de nouvelles vagues de déportations, compte tenu de la détérioration persistante de la situation sécuritaire et humanitaire, notamment dans les zones frontalières.

Face à cette situation, l’organisation affirme avoir fourni une assistance immédiate à 532 migrants expulsés accueillis dans son centre de Belladère. Ce groupe était composé de 407 hommes, 81 femmes, 30 filles et 14 garçons.

Parmi les personnes prises en charge figuraient notamment 15 femmes enceintes, 44 personnes vivant avec un handicap, 13 femmes allaitantes et 7 mineurs non accompagnés, qui ont bénéficié d’une assistance humanitaire adaptée à leur situation.

Des Haïtiens également expulsés d’autres pays

Le GARR fait également état d’expulsions d’Haïtiens en provenance d’autres pays au cours du mois de juillet 2026.

Selon les données rapportées, au moins 303 ressortissants haïtiens ont été expulsés vers Haïti en provenance des Bahamas, des îles Turques-et-Caïques et des États-Unis. Parmi eux, 114 provenaient des Bahamas, 62 des îles Turques-et-Caïques et 127 des États-Unis.

Ces expulsions surviennent dans un contexte marqué par une profonde crise sécuritaire et humanitaire en Haïti. Au deuxième trimestre de 2026, plus de 1 400 personnes ont été tuées dans le pays, selon les données du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH).

À ce bilan s’ajoute le massacre perpétré dans la nuit du 23 au 24 août 2026 à Kenscoff par des groupes armés, qui a fait plus de 40 morts.

Alors que les conditions sécuritaires et humanitaires continuent de se détériorer, la poursuite des déportations vers Haïti suscite de nouvelles préoccupations quant aux conditions d’accueil et de réintégration des personnes expulsées, ainsi qu’à la capacité des institutions haïtiennes à répondre à leurs besoins dans un contexte national déjà fortement fragilisé.

Daniella Saint-Louis

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