PubGazetteHaiti202005

Neissa Timé : émoi autour de sa mort tragique, la justice saisie et autopsie demandée

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Le décès tragique de la jeune étudiante de l’Université Quisqueya, Neissa Timé, survenu le lundi 26 janvier 2026 à Port-au-Prince, continue de susciter l’émoi. Très relayé sur les réseaux sociaux depuis le début de la semaine, l’affaire connaît désormais une nouvelle tournure, avec la révélation de noms de suspects et le dépôt de plaintes devant la justice haïtienne.


Dans un communiqué paru ce vendredi 30 janvier 2026,  l'Office de Protection du Citoyen (OPC) a exprimé son indignation suite à ce drame. L’OPC  appelle la justice haïtienne à diligenter une enquête approfondie sur le décès tragique de la jeune étudiante Neissa Timé, retrouvée sans vie lundi dernier à l’arrière d’un véhicule stationné devant le centre hospitalier Plurimedic, à Pétion-Ville, et à traduire les responsables devant les instances compétentes.


L’OPC a annoncé avoir accompagné la mère de la victime au Parquet près du Tribunal de Première Instance (TPI) de Port-au-Prince en vue de remplir les formalités de suivis judiciaires ainsi que le dépôt d’une plainte formelle, assortie d'une constitution de partie civile contre le gynécologue Mackenzy Dorlus et son neveu, Wesner Dorlus, tous deux mis en cause dans cette affaire.


Selon les proches de la victime, le gynécologue est accusé d’avoir conduit Neissa Timé au centre hospitalier Plurimedic, un établissement où il exercerait. Ils affirment que la jeune femme serait restée inerte à l’arrière du véhicule.

Toutefois, le neveu du médecin, qui conduisait le véhicule et accompagnait la jeune fille au moment des faits, demeure le seul en mesure de fournir certaines explications. Il est actuellement hospitalisé et se trouve dans le coma. Des proches de la victime estiment que«  la scène aurait été volontairement orchestrée ».

S’interrogeant sur les circonstances du drame, la mère de la victime se demande «  comment le médecin a pu procéder au déplacement du corps sans qu’aucun constat officiel n’ait été établi ». 

L’Office de protection du citoyen s’incline devant la mémoire de la jeune haïtienne. Il  appelle la justice haïtienne à diligenter une enquête approfondie afin que « toute la lumière soit faite sur ce drame et que les responsables soient traduits devant les instances compétentes ».

L’autopsie du cadavre demandée

« L’autopsie du cadavre de Neissa a été demandée », indique le Ministère de la Condition Féminine et des Droits de la Femme (MCFDF) révolté par le décès tragique de l’ancienne élève de l’école Notre Dame du Rosaire.

Il informe avoir effectué des démarches et sollicité au  commissaire du Gouvernement compétent de saisir immédiatement du dossier. Pour l’instant, l’affaire connaît une nouvelle tournure.  À part l’autopsie du cadavre qui a été demandé des personnes indexées dans cette affaire sont interdites de quitter le pays .

Le MCFDF exige que « cette affaire soit traitée avec diligence, rigueur et transparence, et que les responsables, à quelque niveau que ce soit, soient identifiés, poursuivis et sanctionnés conformément à la loi ». 

Il rappelle que « le droit à la vie, à la sécurité et à la dignité des femmes et des filles est non négociable ».

L’OPC pour sa part a exigé « le respect de la Déclaration universelle des droits de l'homme (DUDH), texte dument signé par Haïti en 1948, dont l'article 5 stipule : « Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants », d'autant plus que l'article 3 de ladite déclaration souligne que : « Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de sa personne ».


Les circonstances dans lesquelles Timéca a perdu la vie demeurent floues. Ses parents, quant à eux, ignorent tout des circonstances de son décès. Le Collectif de Défenseurs Plus dénonce « une violation de leurs droits à la vérité et la justice ».

Il exige une enquête rigoureuse et transparente afin de faire toute la lumière sur les causes de ce décès et traduire les auteurs et leurs complices en justice. Selon le collectif, il incombe au gouvernement de la République d'accompagner la famille de Neïssa TIMA dans la planification des funérailles dignes pour leur fille et de mettre en place de mécanismes de surveillance pour empêcher la répétition de ces actes.

Le collectif exhorte l’Etat à prendre ses responsabilités pour garantir la sécurité des citoyens et le respect des droits fondamentaux.

Agée de 19 ans, Neissa Tima était en deuxième session de Gestion financière à la Faculté des Sciences Économiques et Administratives (FSEA), UNIQ. Enfant unique de ses parents, Timé a fait ses études primaires et fondamentales au Collège Anne Marie Javouhey puis ses études secondaires à l’École Notre Dame du Rosaire.

Alors qu’elle s’était rendue à l’université lundi dernier, la jeune fille n’est jamais rentrée chez elle. Inquiète en fin d’après-midi, sa mère a reçu un appel lui annonçant qu’on a trouvé sa fille inconsciente dans une voiture. Après avoir été informée, elle s’est rendue sur les lieux où elle a découvert le corps de sa fille à l’arrière d’un véhicule stationné devant le centre hospitalier Plurimedic. Selon ses parents, son corps  présentait des traces de violences, ainsi que des indices laissant penser à une agression sexuelle et un assassinat.

 

Par: Daniella Saint-Louis

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