Dans une correspondance adressée le 22 août 2026 au Conseil Électoral Provisoire (CEP),
le regroupement politique COPPOS-Haïti et alliés a demandé au CEP de réaménager le calendrier électoral 2026-2027 et de prolonger les délais. Il propose notamment de fixer au 28 mars 2027 la date des élections.
COPPOS-Haïti et alliés appelle le Conseil électoral provisoire (CEP) à revoir le calendrier électoral 2026-2027. Le regroupement estime que plusieurs contraintes administratives, techniques et opérationnelles risquent de compromettre le bon déroulement des différentes étapes du processus.
Le groupement politique rappelle que le corps électoral comptait environ six millions d’électeurs lors des dernières élections, soulignant ainsi l’ampleur du travail nécessaire pour assurer une inscription suffisamment large de la population.
Selon l’organisation, les Centres d’inscription et de vote (CIV) ne sont opérationnels que depuis environ deux mois. Cette période serait insuffisante au regard du nombre d’électeurs à enregistrer et des différentes exigences liées à la préparation du scrutin.
Des difficultés techniques dénoncées
Au-delà de la question des délais, COPPOS-Haïti et alliés met particulièrement l’accent sur les difficultés rencontrées avec la plateforme du CEP destinée à l’enregistrement des membres des partis et groupements politiques.
L’organisation dénonce notamment d’importantes lenteurs ainsi que des interruptions répétées du système, qui ralentiraient considérablement les opérations. Elle relève également que la plateforme ne permettrait pas, à ce stade, l’importation des membres par lots ou à partir de fichiers structurés. Les partis seraient ainsi contraints d’enregistrer les membres individuellement, une procédure jugée particulièrement longue compte tenu du nombre de personnes à inscrire.
L’organisation politique tient toutefois à préciser que sa démarche ne constitue pas une contestation des dispositions de l’article 153 du décret électoral.
Elle reconnaît la nécessité de respecter les exigences prévues par le texte, mais estime que les procédures administratives nécessaires à l’obtention et à la réunion des différentes pièces demandées prennent du temps auprès des institutions concernées.
« Notre démarche ne vise nullement à remettre en question l’article 153 », affirme COPPOS-Haïti et alliés, qui réclame plutôt un délai supplémentaire permettant aux acteurs politiques de satisfaire pleinement aux exigences réglementaires.
Une proposition de calendrier
Face à ces contraintes, COPPOS-Haïti et alliés propose un nouveau calendrier s’étendant sur plusieurs mois.
L’organisation suggère de consacrer la période allant d’août à octobre 2026 à l’inscription des électeurs. L’enregistrement des 30 000 membres requis pour les partis et groupements politiques se poursuivrait ensuite d’octobre à novembre.
L’inscription et l’enregistrement des candidats seraient programmés pour décembre 2026, tandis que la campagne électorale se déroulerait de janvier à mars 2027. La tenue des élections serait, selon cette proposition, fixée au 28 mars 2027.
COPPOS-Haïti et alliés demande donc au Conseil électoral provisoire de prolonger les délais en cours et de procéder à un réaménagement du calendrier électoral. L’organisation appelle également à une amélioration rapide de la plateforme d’inscription des membres, notamment par sa stabilisation, l’introduction d’une fonction d’importation des données par lots et l’autorisation d’ajouter plusieurs opérateurs.
De son côté, le parti politique Les Engagés pour le développement (EDE) a, à plusieurs reprises, mis en cause le respect du calendrier électoral.
Dans une publication sur les réseaux sociaux, le dirigeant du parti, Claude Joseph, a notamment dénoncé les difficultés d’accès à la plateforme en ligne destinée à l’enregistrement des membres des structures politiques, ainsi que le maintien par l’institution électorale d’un calendrier qu’il juge « manifestement irréaliste ».
Il considère que les délais prévus ne correspondent pas aux difficultés rencontrées sur le terrain et pourraient affecter le caractère inclusif du processus.
« L’entêtement du CEP à maintenir un calendrier électoral manifestement irréaliste renforce nos inquiétudes quant à sa capacité à organiser, dans les délais annoncés, des élections véritablement inclusives, crédibles et transparentes », soutient Claude Joseph.
Par: Daniella Saint-Louis
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