PubGazetteHaiti202005

4-1: la lourde défaite de la République dominicaine face à Haïti fait monter la tension de l’autre côté de l’île 

4-1: la lourde défaite de la République dominicaine face à Haïti fait monter la tension de l’autre côté de l’île 

La victoire de la sélection haïtienne de football contre la République dominicaine sur un score sans appel (4-1), le jeudi 1er octobre 2026, au stade olympique Félix Sánchez, a provoqué de vives polémiques de l’autre côté de l’Ile.


La République dominicaine, tant au niveau de la société qu’au plus niveau de l’Etat, n’a pas digéré cette lourde défaite. Le ministre dominicain des Sports, Kelvin Cruz, est monté au créneau. Selon le journal El Día, il a annoncé l’interdiction pour la sélection haïtienne de football de disputer à l’avenir des rencontres dans les installations sportives dominicaines. 

Kelvin Cruz a également dénoncé ce qu’il considère comme des actes d’indiscipline et un manque de respect envers les installations sportives du pays. Il a notamment fait référence aux dégâts constatés au niveau d’une porte d’accès du stade Félix Sánchez, rappelant les investissements consentis par l’État dominicain pour rénover cette enceinte.
« Ce que nous avons vu hier à une porte d’entrée du Félix Sánchez est inacceptable », a déclaré le ministre, selon El Día. Il a également estimé que certains comportements observés autour de la rencontre ne correspondaient pas à ceux attendus de supporters accueillis dans les installations sportives d’un autre pays. 

Dans la foulée, le président dominicain Luis Abinader a apporté son soutien à la position exprimée par le ministre des Sports, donnant ainsi une dimension institutionnelle aux réactions suscitées par la rencontre.


La controverse ne s’est toutefois pas limitée aux incidents enregistrés autour du stade. Les propos tenus après la rencontre par l’attaquant haïtien Wilson Isidor ont également provoqué de vives réactions en République dominicaine.
Auteur d’un doublé lors de la victoire haïtienne, Isidor avait déclaré : « Nous voulions gagner ce match pour tous les Haïtiens à travers le monde. J’espère qu’ils sont fiers de nous et satisfaits du résultat de ce soir ». Il a laissé éclater sa joie en disant que « L’Hispaniola est Haïti… »
Ces propos sont depuis vendredi 2 octobre au centre des critiques de plusieurs responsables dominicains, qui y voient notamment une référence à la question de la souveraineté de l’île. 

La Fédération dominicaine de football a, de son côté, annoncé son intention de saisir la FIFA et la Concacaf au sujet de ces déclarations. Les autorités dominicaines demandent également que les instances internationales se prononcent sur le respect du drapeau et du territoire dominicains, estimant que les enceintes sportives ne doivent pas devenir le théâtre de messages à caractère politique ou territorial.


Dans ce contexte marqué par la polémique, l’entraîneur haïtien David Badía Cequier a surtout retenu la portée sportive de cette victoire. En conférence de presse, le technicien espagnol n’a pas caché sa satisfaction après un résultat qu’il considère comme particulièrement important. 

Selon lui, les trois points obtenus sont le fruit du travail, de l’implication et des efforts consentis par ses joueurs, mais aussi du soutien des nombreux supporters haïtiens présents dans les tribunes du Félix Sánchez. 

Sur le terrain, les Grenadiers ont ainsi signé une victoire retentissante, synonyme de qualification et de confirmation de leurs ambitions dans cette campagne de la Ligue des nations de la Concacaf. 

Une victoire qui pourrait laisser des traces

Au-delà de son importance sportive pour Haïti, ce succès 4-1 risque désormais de laisser des traces dans les relations sportives entre les deux pays. La décision annoncée par le ministre Kelvin Cruz, les réactions du pouvoir dominicain et la démarche envisagée par la Fédération dominicaine auprès de la FIFA et de la Concacaf pourraient compliquer l’organisation de futures rencontres entre les deux sélections sur le territoire dominicain et abîmer un peu plus les relations entre les deux pays pays. 
 

Webertson DORVIL

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