PubGazetteHaiti202005

1 343 membres présumés de gangs tués, 140 armes saisies et 2 444 homicides en trois mois, rapporte ONU 

Illustration : @Louidjy Beaubrun

Dans son rapport publié le 23 avril 2026, le Secrétaire général de l’Organisation des Nations-unies dresse un constat préoccupant de la situation en Haïti, marquée par une dégradation sécuritaire persistante, de graves atteintes aux droits humains et un système judiciaire fragilisé, malgré l’intensification des opérations contre les gangs.

Entre décembre 2025 et février 2026, les forces de sécurité haïtiennes ont intensifié leurs opérations contre les groupes armés, avec plus de 1 300 personnes soupçonnées d’appartenir à des gangs tuées et 140 armes saisies. La Police nationale, appuyée par les Forces armées et des unités spécialisées, affirme disposer de moyens renforcés pour intervenir sur l’ensemble du territoire. Toutefois, ces offensives ont également causé des pertes civiles, illustrant la complexité et les risques des interventions dans des zones densément peuplées.


Malgré ces actions, le niveau de violence reste alarmant. Le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH) a recensé 2 444 homicides en seulement trois mois, soit une augmentation significative par rapport à la période précédente. Une grande partie des victimes serait liée aux gangs, mais des civils continuent de payer un lourd tribut. Parallèlement, les enlèvements demeurent fréquents, tandis que les groupes d’autodéfense participent eux aussi à des exécutions, contribuant à un climat généralisé d’insécurité.

Le rapport souligne également de graves violations des droits humains commises par les gangs, notamment des exécutions ciblées, des violences sexuelles et le recrutement forcé d’enfants. Certaines zones comme Kenscoff, l’Artibonite ou encore le Centre ont été le théâtre d’attaques particulièrement meurtrières, avec des habitations incendiées et des populations contraintes de fuir. Cette expansion géographique des groupes armés démontre leur capacité à étendre leur influence au-delà de Port-au-Prince.

Sur le plan judiciaire, la situation demeure critique. En effet, plus de 80 % des détenus sont en détention provisoire, dans des prisons largement surpeuplées, fonctionnant à plus de 300 % de leur capacité. Par ailleurs, les grèves, le manque de ressources et la lenteur des procédures freinent considérablement l’avancement des dossiers, y compris ceux liés à des massacres et à des affaires de corruption.

Dès lors, malgré certaines initiatives visant à réformer le système et à renforcer les capacités judiciaires, le rapport met en évidence une impunité persistante qui continue d’affaiblir l’État de droit dans le pays.


Arnold Junior Pierre

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