PubGazetteHaiti202005

Le gouvernement haïtien organisera le référendum constitutionnel en été prochain, a assuré Patrick Pélissier à l’OEA

Ministre Patrick Pelissier

Le Conseil présidentiel de transition qui a reçu, ce mercredi 21 mai, le projet de la réforme constitutionnelle du comité de pilotage de la conférence nationale organisera le referendum en été prochain, a affirmé le ministre de la justice et de la sécurité publique Patrick Pélissier.

« A l’horizon de l’été 2025, nous comptons organiser ce referendum », a déclaré le garde des sceaux de la république, ce jeudi 22 mai 2025, en marge d’un symposium organisé à l’OEA sur la crise sécuritaire en Haïti. 

Le gouvernement adoptera un décret lors du prochain conseil des ministres sur le referendum constitutionnel, a indiqué Patrick Pélissier qui présentait une situation globale de la crise sécuritaire et son impact sur les institutions judiciaires et de l’État de droit.

Aujourd’hui, le pays compte 60 groupes armés qui se regroupement à travers trois coalitions dont « Viv Ansam » dirigée par l’ancien policier Jimmy Chérizier alias Barbecue. Ils contrôlent la  région métropolitaine de la capitale et certains endroits dans les départements du Centre et de l’Artibonite ainsi que les grands axes routiers du pays, déplore Pélissier. 

Plus de 947 membres de la population civile, 18 policiers et 8 soldats des forces armées d’Haïti ont été tués du premier janvier 2025 à nos jours au moment de la violence aveugle des gangs armés, à en croire les chiffres avancés par le ministre de la justice.

Plus d’un million de personnes ont été contraintes de fuir leurs maisons pour échapper à la fureur des bandes criminelles qui ont détruit, endommagé ou incendiés plus de 75% des infrastructures policières et judiciaires dont 50 commissariats, sous-commissariats et antennes de police seulement dans l’aire métropolitaine de la capitale, a-t-il poursuivi.

Plus de 80% du département de l’Ouest est contrôlé par des bandits armés, a enchainé, pour sa part, le conseiller président Smith Augustin, arguant qu’il est urgent de répondre à une crise sécuritaire en Haïti qui, dit-il, a franchi le seuil de l’inacceptable.

« La limite a dont déjà été franchie, il faut agir vite et bien pour soutenir Haïti dans la quête d’une solution à la crise sécuritaire », a insisté Smith Augustin rejetant toute idée de connivence entre le CPT et des gangs armés.

« L’OEA continuera d’être aux côtés du peuple haïtien et aujourd’hui nous sommes face à des défis qui dépassent les difficultés habituelles », a réagi, de son côté, le secrétaire général sortant de l’organisation hémisphérique, Luis Almagro. Il affirme que l’OEA continuera de travailler en étroite collaboration avec les autorités nationales à travers son bureau en Haïti. « L’organisation régionale adoptera de nouveaux mécanismes d’une stratégie intégrée pour offrir une réponse à la crise. Ce programme qui sera présenté sou peu témoigne de l’engagement de l’organisation des États américains à participer à la quête d’une solution à la crise haïtienne. », déclare-t-il.

Ce symposium intervient deux jours après que le secrétaire Marco  Rubio a suggéré, devant la commission des relations étrangères du Sénat, que l'OEA joue un rôle plus important en Haïti. Cette démarche pourrait contribuer à résoudre la crise, a déclaré Rubio à propos de l'organisation hémisphérique. Il a reconnu que le pays est envahi par des gangs criminels et qu'une mission soutenue par les Etats-Unis et dirigée par le Kenya peine à rétablir la paix et la stabilité.

Rubio a déclaré que l'administration Trump est « prête à jouer un rôle de premier plan » dans l'intervention de l'OEA en Haïti ». « mais nous avons besoin de l'adhésion d'autres partenaires de la région qui sont tout aussi touchés, sinon plus, par ce qui se passe là-bas», a indiqué le chef de la diplomatie américaine. 

 

 

 

 
Par Léon Kersivil

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