PubGazetteHaiti202005

Au Colisée, les familles du monde rassemblées sous la Croix du Christ

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Le chemin de Croix du Vendredi Saint, présidé par le Saint-Père, s’est déroulé au Colisée ce 15 avril au soir en présence d’environ 10 000 fidèles. Plusieurs familles ont porté la Croix au long des 14 stations, au rythme des méditations qu’elles avaient rédigées, en témoignant de situations d’épreuve telles que le handicap, la stérilité, le deuil. La guerre en Ukraine fut également évoquée, avec une famille ukrainienne et une famille russe priant en silence avec l'assemblée.

 
Dans la pénombre qui enveloppait la Ville éternelle – la célébration ayant commencé vers 21h15 – les derniers moments de la vie terrestre du Christ, de Gethsémani jusqu’au Golgotha, ont donc été reparcourus par des familles et couples aux situations variées: jeunes mariés, missionnaires, parents adoptifs, familles traversant le deuil, la maladie, confrontées au handicap, à la migration, à la guerre, au veuvage... Autant de témoignages délivrés avec pudeur, simplicité et profondeur, qui ont rendu ce chemin de Croix tout aussi incarné que poignant.
 

L’assemblée, très nombreuse aux abords du Colisée, suivait les prières et méditations à la lueur de flambeaux, formant vu d’en-haut un parterre de lueurs rouges. Pendant ce temps cheminait la procession, partie de l'enceinte de l’amphithéâtre Flavien jusqu’à rejoindre l’extérieur après quelques stations. Autour de la Croix, des parents, des enfants, et des représentants du clergé romain. Le Souverain Pontife écoutait avec recueillement, assis à proximité d'une croix illuminée par des bougies. 
 
 
Transformés par l’amour
 

L’épreuve endurée par Jésus il y a deux mille ans, puis sa Résurrection, donnent aux familles d’aujourd’hui une espérance plus forte que les nuits du quotidien. Dans le mystère du mal brille par contraste la plus grande dignité de l’être humain.
 

«Par cette maladie, sur cette croix, nous sommes devenus le pilier sur lequel les enfants savent qu'ils peuvent s'appuyer. Il n’en était pas ainsi auparavant. Je pourrais presque dire qu'aujourd'hui, avec ses yeux pénétrants dans leur douleur glabre, elle est pleinement mère et épouse. Sans fioritures, dans l'essentiel d'une vie plus difficile et nouvelle», a ainsi déclaré le mari d’une femme gravement malade.   
 

Les parents d’un enfant adopté l’ont reconnu aussi: «il n'y a pas un jour où nous ne nous réveillons en pensant que cela en valait la peine, que tous ces efforts ne sont pas vains, que cette croix, bien que douloureuse, cache un secret de bonheur».
 

Ce secret de bonheur donné par la Croix est aussi un secret d’amour, qui «se multiplie parce qu'il est gratuit», a expliqué une jeune veuve. En Jésus crucifié, «l'Amour est rendu tangible, car dans notre abîme et nos difficultés, nous ne sommes pas abandonnés», a-t-elle poursuivi. Une foi qui soutient, ou qui travaille les cœurs, comme en ont témoigné avec humilité les parents d’une personne consacrée: «nous avons compris qu'on ne peut pas lutter contre Toi. Nous sommes un vase, et tu es la mer. Nous sommes une étincelle et tu es le feu. Et donc, comme le bon larron, nous te demandons de Te souvenir de nous lorsque tu entreras dans ton Royaume».  
 

Silencieux dans une même douleur
 

Au sommet du Calvaire, lors de la 13e station, celle de la mort du Christ, une infirmière russe et une infirmière ukrainienne ont tenu ensemble la Croix. Une image forte de ce via Crucis, alors que la guerre continue de faire rage en Ukraine. «Face à la mort, le silence est plus éloquent que les mots. Restons donc debout dans le silence de la prière, et que chacun de nous prie dans son cœur pour la paix dans le monde», a-t-il été déclaré sobrement, avant que la foule ne se recueille quelques instants, dans un saisissant silence.  
 


Enfin, spirituellement à côté du tombeau du Christ, une famille de migrants originaires de République Démocratique du Congo a parlé de son exil et de sa nouvelle condition sur le sol italien. «Nous qui étions importants chez nous, nous sommes ici des numéros, des catégories, des simplifications. Pourtant, nous sommes bien plus que des immigrés. Nous sommes des personnes», a plaidé le couple. «Nous sommes catholiques, mais même cela semble parfois passer au second plan par rapport au fait que nous sommes des migrants», ont regretté Raoul et Irène. Mais là aussi, l’espérance a eu le dernier mot: «Si nous ne nous résignons pas, c'est parce que nous savons que la grande pierre devant la porte du tombeau sera un jour roulée».
 

Ce chemin de Croix au Colisée s’est conclu par la prière suivante, lue par le Souverain Pontife:

 

 

Par Gazette Haïti News 

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